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Urbanisation du Val d'Or

Grave impact sur la santé publique

10 mai 2001


Historique

Les anciennes briqueteries et sablières ont été remblayées jusqu'en 1973 par des déchets de construction, des terres et des déchets ménagers et assimilés. L'exploitant acceptait également des déchets d'entreprises et de particuliers. Le sous-sol contient donc des polluants dont certains extrêmement toxiques. La quantité totale (remblais + polluants) est estimée à plus de 700.000 m3 soit environ 350.000 tonnes!

 

Etude VERDI

En 1992, BURANAS s.a. (un promoteur) commandait une étude au bureau d'étude VERDI. Ces études portaient sur les précautions à prendre par rapport au sous-sol. L'étude à porté sur 5,2 hectares, dans la partie est du site. Le bureau d'étude préconisait un certain nombre de recommandations, compte tenu d'un parti pris d'urbaniser. Les données rassemblées à cette occasion ont été analysées et commentées par B L'Hoest (Dr. Sc. Ph.) sous l'angle des risques pour la santé publique.

Note: d'autres études (ISSEP, LARECO) citées par l'IBGE ont abouti aux mêmes résultats...

 

Conclusions de l'IBGE (29 juin 1993)

  • La représentativité des nombreux échantillons prélevés ne donnent qu'une vue partielle de la réalité, en raison de l'hétérogénéité des déchets.
  • Il n'existe pas de normes concernant les sols pollués en Région Bruxelloise. Les normes en vigueur aux Pays-Bas ont été utilisées pour interpréter ces résultats.
  • Le dépassement de la norme pour certains prélèvements auraient imposé un assainissement au Pays-Bas (métaux lourds)
  • L'analyse des eaux souterraines de la nappe phréatique montre une contamination importante (chrome, arsenic, baryum, benzène...)
  • Les émission gazeuses dans l'environnement (méthane, dioxyde de carbone) témoignent que la décomposition de matières organiques est toujours en cours.
  • En cas de non-urbanisation, le site pourrait rester en l'état
  • Pour la santé et la sécurité publique, l'urbanisation du site augmenterait les risques
  • L'IBGE a déjà remis un avis défavorable sur le projet de PPA n 60 (24 juin 1991)
  • Les proposition techniques faites par les promoteurs (BURANAS 1993) de remédier aux problèmes sont théoriques, complexe et coûteuses et n'offrent pas les garanties suffisantes (isolation des bâtiments, tassement du terrain, traitement et évacuation des gaz, longévité d'un tel système...)
En conclusion, nous (l'IBGE) craignons que subsistent d'important problèmes de sécurité et de santé publique, domaines qui relèvent de la compétence de la Commune de Woluwe-Saint-Lambert.
Et depuis, on ferme les yeux, le nez et les oreilles?

Interprétation scientifique de l'étude VERDI
 
Déchets solides

Sur 12 sondages carottés et 4 sondages profonds, on constate:

Odeur: hydrocarbures dans 7 sondages dont des gaz inflammables dans 3 sondages

Aspect: ordures diverses, dont déchets d'hôpitaux, fûts de peinture, ...

Composition:

  • Chlorures: 2,6 à 20,9 mg/l
  • halogènes organiques: 2,1 à 20,6 mg Cl/l
  • teneurs élevées en plomb: 18,2 mg à 4g/kg (dépasse nettement la norme fixée pour les déchets toxiques AR 9.02.76 modif. AR 2.06.87)
  • baryum: 80mg à 1,3 g/kg
  • cuivre: 9,6 g/kg
  • zinc: jusqu'à 5,4 g/kg
  • teneurs relativement élevées en arsenic (66,5 micro g/l), chrome (0,17 mg/l), étain, nickel
  • hydrocarbures divers dont benzène et composants organochlorés): 350 mg à 8,1 g/kg (plusieurs échantillons dépassent le seuil requis pour requérir un traitement du sol - 600 mg/kg norme Nl)

La toxicité de ces divers polluants est bien établie: effet au niveau hépatique, nerveux, cutané. La présence en quantités importantes de plomb, de baryum, de chrome, de zinc et de certains hydrocarbures est à considérer avec le plus grand sérieux de par leur effet cancérigène et mutagène (benzène et chloroéthylène).

Eaux Souterraines

7 prélèvements sur l'aquifère des sables du Bruxellien

Les polluants retrouvés dans les eaux souterraines sont similaires à ceux détectés dans les déchets solides. Selon l'AR 19.06.89 du Ministère de la région Bruxelloise le rejet direct des substances trouvées au Val d'Or est interdit.

Ces substances sont considérées comme très toxiques (Commissariat général à la protection du travail).

Emissions gazeuzes

12 prélèvements par tubes, 4 échantillons dans l'atmosphère, plus de 80 points de mesures en réseau sur le site y compris 2 prélèvements sous dalle de béton dans des garages av Marcel Thiry.

  • Hydrocarbures divers dont perchloréthylène, benzène, avec des charges polluantes pouvant dépasser 900 mg/m3.
  • Gaz de décomposition: monoxyde et dioxyde de carbone, oxyde d'azote et carbone organique

La plupart des composés organiques volatils sont des substances toxiques: hydrocarbures benzéniques, organochlorés,... pouvant provenir de solvants industriels, de peintures.

Sur base des limites actuelles, certains échantillons contiennent des polluants qui approchent ou dépassent les limites (benzène).

Ces gaz sont susceptibles de s'infiltrer et de s'accumuler dans les immeubles que l'on construirait sur le site comme le montrent les teneurs élevées détectées sous les garages de l'av. Marcel Thiry (1g/m3).

Le méthane atteint également des valeurs élevées (près de 15% sous les garages). De telles concentrations dépassent la limite d'explosivité/inflammabilité (5%). L'inflammabilité des mélanges gazeux s'échappant des trous de forages a d'ailleurs été contrôlée sur le terrain.

Il est donc impératif de ne pas colmater le site afin de laisser s'échapper naturellement et très progressivement les gaz générees par la décomposition de la matière organique en sous-sol.

Résumé des conclusions générales:

Les excavations et déplacement de remblais imprégnés de polluants dangereux présentent des risques sérieux pour la santé et la sécurité. Il est donc préférable de maintenir le site dans son état actuel, couvert de terre et de végétation. Etant donné que l'air prélevé au dessus du sol ne contenait que de faibles quantités de composés organiques volatils, il semble ne pas y avoir d'inconvénient à utiliser le site comme espace vert public, pour autant qu'aucun travaux entamant sa surface n'y soient exécutés. (d'après B. L'Hoest Dr Sc Ph, Bruxelles, 5/6/93)

Note: l'analyse date de 1992 et peu de normes étaient d'application en Belgique. Depuis, les normes Européennes nettement plus sévères sont d'application. Nous n'avons pas eu connaissance de sondages et mesures récentes (craint-on les conséquences de nouvelles mesures?).

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Illustrations: celles-ci sont purement illustratives et ou figuratives (figurations de la pollution toxique par nature invisible dans le sous-sol) et n'ont pas nécessairement été prises sur le site.
dossier-valdor-c.htm
Mise à jour: 23/10/2001